Thomas Lepeltier
Le 8 décembre 2015 | 0 ↴

L’égalité entre les hommes et les femmes n’est pas encore acquise. Certes, elle est inscrite dans la loi. Mais les femmes restent minoritaires aux postes de décision, leur salaire augmente moins au cours de leur carrière que celui des hommes et elles sont moins promues que ces derniers. Il existe bien des lois sur la parité, mais elles n’arrivent pas à assurer aux femmes l’égalité qu’elles devraient obtenir par leurs seuls talents. Quant aux campagnes contre les stéréotypes qui incitent les filles à devenir pompières, charpentières ou maçonnes, elles peinent à rééquilibrer les orientations professionnelles ancestrales. Bref, l’inégale répartition des hommes et des femmes perdure dans la société, en dépit des idéaux proclamés.

Pour expliquer cette situation, le philosophe Thierry Hoquet va droit au but et dénonce une mesure administrative : l’inscription du sexe des individus sur l’état civil. Cataloguer le sexe des personnes contribue en effet à la survie des stéréotypes de genre. Or cette inscription n’a aucune utilité pour la vie civique. Que ce soit à l’école, quand ils passent des examens, votent, etc., tous les citoyens et citoyennes sont censés être traités de la même façon, quel que soit leur sexe. Depuis l’instauration du mariage pour tous en France, l’État n’a même plus à tenir compte du sexe des personnes qui se marient. Pourquoi donc continuer à faire figurer la mention du sexe sur l’état civil ? C’est un peu comme si on prétendait lutter contre le racisme tout en continuant à inscrire la couleur de la peau sur les formulaires administratifs.

Pour montrer le caractère insidieux de cette mesure, l’auteur a eu l’heureuse idée de concevoir un conte philosophique. Il imagine ainsi un candidat à l’élection présidentielle ayant pour unique proposition de supprimer le sexe de l’état civil. S’amusant à décrire les débats et péripéties qui pourraient s’ensuivre, T. Hoquet réussit à dégager tout l’intérêt de cette proposition. Ce procédé littéraire rend très agréable la lecture de ce livre. C’est même profond et jubilatoire.

Sciences humaines