La Domestication

« La science avait libéré les femmes de l’esclavage de l’enfantement et, dès lors, renversé leur subordination sociale. »

Andrésy, bourgade des Yvelines baignée par les eaux de la Seine, coule des jours paisibles. Ses citoyennes y mènent une vie bien réglée et sans heurts. Après l’hécatombe du Grand Fléau qui a décimé une moitié de l’humanité, Césarine n’a pas eu grand mal à convaincre les survivantes de troquer leur liberté contre un sentiment de sécurité. Née de ce marché de dupes, la Nouvelle République française se perpétue depuis à coups de propagande.

Tout va donc pour le mieux dans le meilleur des mondes… jusqu’au jour où Francine Bonne, citoyenne jusque-là exemplaire, décide de prendre un deuxième mari. Pierre le stérile et Jean le trop viril vont désormais partager chambre, tâches domestiques et plaisirs interdits.

Bafouée dans ses principes, la Nouvelle République va devoir purifier la société de ses éléments indésirables. Une alliance des trois pouvoirs, politique, médiatique, judiciaire, est convoquée pour mener à bien cette mission.

17.00

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À propos de l'autrice

Formé à l’archéologie, Nuno Gomes Garcia fouille son histoire comme il fouillerait un sol, par couches temporelles, en nous laissant le soin d’ordonner ces va-et-vient entre passé, présent et futur. Finaliste du prestigieux prix Leya, il signe ici son troisième roman.

Nuno Gomes Garcia est le lauréat 2022 de la résidence d’écriture Jean Monet. À cette occasion, il sera à Cognac en octobre et novembre 2022, où diverses rencontres seront programmées en librairies, en médiathèques et dans les lycées. Cette résidence se clôturera par le Festival des littératures européennes, du 17 au 20 novembre 2022, un festival consacré cette année à la littérature portugaise.

Caractéristiques

Poids 280 g
Dimensions 18 × 14 cm
ISBN :

979-10-90062-74-0

À paraître le

27 mai 2022

Pages :

260

Revue de presse

Luisa Semedo / Entretien avec Nuno Gomes Garcia

Luísa Semedo : Dans l’excellente traduction française de Clara Domingues, il y a un travail de féminisation – ou de démasculinisation – de la langue, pourquoi cette option n’a-t-elle pas été choisie dès le départ ? Le fait que les Éditions iXe se positionnent comme féministes a-t-il eu un impact sur cette évolution ? Pensez-vous que ce soit une valeur ajoutée pour le roman ?

Nuno Gomes Garcia : L’idée de féminiser la langue, d’aller au-delà de la règle de la proximité, qui, à mon avis, s’imposera aux langues latines dans les décennies à venir, je l’ai eue en 2016 en écrivant le roman. Cependant, le propos étant déjà bien plus provocateur que ce à quoi nous sommes habitués, j’ai considéré qu’il n’était pas utile de jeter davantage d’huile sur le feu. Au Portugal, le sujet du langage inclusif ne fait pas l’objet d’un débat aussi vif qu’en France. J’ai donc laissé tomber cette idée, ce que je ne referais pas aujourd’hui.

Entre-temps, le monde a évolué, tout comme la cause féministe. Et quand Clara m’a proposé de démasculiniser la langue pour renforcer l’univers de la Nouvelle République française, une société où l’on observe un processus extrême de féminisation en cours, je n’ai pas hésité une seconde. Le talent de Clara a fait le reste et a créé cette sorte de novlangue qui, je crois, est une des valeurs ajoutées de ce roman. C’est la même histoire, mais sous une forme nouvelle et améliorée.

Thomas Messias

Le matriarcat décrit par Nuno Gomes Garcia, auteur portugais qui signe ici son troisième livre, est porteur de mille interrogations, tant sur l’inversion des valeurs – portée, en toute cohérence, par une écriture dans laquelle “le féminin l’emporte sur le masculin” – que sur les politiques natalistes et sécuritaires inédites développées par La Nouvelle République.… Lire plus « Thomas Messias »

La Badjawe qui lit

J’ai plongé toute entière et très rapidement dans cette histoire !
Le travail d’écriture, comme celui de traduction, est précis et intelligent. (…) Il démontre à quel point la langue est un outil politique au service de celleux qui dominent et permet à notre cerveau d’intégrer cela à une simple norme. Quel talent !

Marta Serra

Parodie grinçante de la domination masculine, le roman La domestication s’inspire de travaux d’anthropologie démontrant l’incidence du social sur l’adaptation biologique. Dans la dystopie imaginée par l’auteur, ce sont les hommes qui pâtissent de cette adaptation biologique et des rapports de force inégalitaires associés.

São Gonçalves

Un livre à lire. Pour penser les concepts d’équilibre et de déséquilibre. De limite et de liberté. De totalitarisme et de manipulation.

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