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    Enjamber la flaque où se reflète l'enfer

    Souad Labbize

ISBN : 9791090062498
Catégorie :

Enjamber la flaque où se reflète l’enfer

De Souad Labbize

“Rien de grave n’est arrivé depuis que ma mère a hurlé. Mon récit balbutiant a buté contre l’écho de sa voix. Mes paroles se sont recroquevillées autour de leur noyau, d’autres moins souples ont implosé, semant un arbre à grenades dans les plis de la gorge. Chaque floraison renforce les racines du grenadier tenace, les fruits non cueillis se rabougrissent, encombrent ma poitrine. Quels mots d’enfant allaient relater ce que je venais de subir ? Je suis rarement revenue, depuis l’été soixante-quatorze, vers ces paroles enfermées dans mon cachot intime, le plus éloigné de ma vue quand je descends dans les caves de l’enfance.”

Des décennies plus tard, Souad Labbize trouve enfin les mots pour dire, au-delà de l’effroi et de la douleur du viol, la violence du déni. En rompant le silence, elle ouvre la faille profonde où s’est abîmée l’enfance.

Une édition bilingue français-arabe

Avril 2019 – 108 p. – 10 x 13 cm

Christiane Chaulet-Achour

Enjamber la plaque où se reflète l’enfer. Un récit sur le viol est un joyau de courage et d’écriture dans un écrin particulièrement soigné des éditions iXe : c’est ce que nous offre Souad Labbize, un petit livre 10×13 que l’on garde dans le creux de la main tant il faut avancer à pas comptés dans sa lecture. Pour les lecteurs bilingues, c’est aussi la chance de pouvoir le lire en arabe puisque les deux écritures cohabitent.

Rita Baddoura

Le mot courage accompagne la lecture de ce récit : celui incommensurable déployé à chaque mot par Souad Labbize pour avancer dans cette écriture. Courage, compassion, générosité. Car sa plume s’adresse à toute lectrice, à tout lecteur, témoins aveugles ou voyants, proies données ou potentielles, voire violeurs en série ou en herbe. L’enfant de neuf ans n’a jamais renoncé à trouver la lumière et l’émancipation. Cette mise au jour du secret, cette parole qui parvient jusqu’au présent et jusqu’à nous, sont d’une clarté violente et totale. Après l’épreuve du feu, ce rayonnement devient halo triomphant. Souad Labbize déplace en vérité des montagnes : celles intérieures et intimes, ainsi que celles psychiques, sociales et politiques. Elle renouvelle les règles du jeu, par l’intercession de l’écriture, autrice de son devenir.

Didier Epsztajn

«Un tissu opaque revêt et couvre de mensonges une (des) enfance(s). “Rien de grave n’est arrivé depuis que ma mère a hurlé.” Nous saisissons alors tous les sens possibles du beau titre de cet ouvrage.»

6.50

Quantité :
À propos de l'autrice
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Avant de s’établir à Toulouse, Souad Labbize a vécu à Alger et à Tunis. Elle est romancière, poétesse et traductrice littéraire. Son premier roman, J'aurais voulu être un escargot, paru en 2011 chez Séguier, a été réédité en 2019 aux Éditions des Lisières. Elle a publié deux recueils de poèmes: Une échelle de poche pour atteindre le ciel (Al Manar, 2017), et Brouillons amoureux (Éditions des Lisières, 2017, bilingue français-arabe).  
Les livres de Souad Labbize
Revue de presse

“Rien de grave n’est arrivé depuis que ma mère a hurlé. Mon récit balbutiant a buté contre l’écho de sa voix. Mes paroles se sont recroquevillées autour de leur noyau, d’autres moins souples ont implosé, semant un arbre à grenades dans les plis de la gorge. Chaque floraison renforce les racines du grenadier tenace, les fruits non cueillis se rabougrissent, encombrent ma poitrine. Quels mots d’enfant allaient relater ce que je venais de subir ? Je suis rarement revenue, depuis l’été soixante-quatorze, vers ces paroles enfermées dans mon cachot intime, le plus éloigné de ma vue quand je descends dans les caves de l’enfance.”

Des décennies plus tard, Souad Labbize trouve enfin les mots pour dire, au-delà de l’effroi et de la douleur du viol, la violence du déni. En rompant le silence, elle ouvre la faille profonde où s’est abîmée l’enfance.

Une édition bilingue français-arabe

Avril 2019 – 108 p. – 10 x 13 cm

Christiane Chaulet-Achour

Enjamber la plaque où se reflète l’enfer. Un récit sur le viol est un joyau de courage et d’écriture dans un écrin particulièrement soigné des éditions iXe : c’est ce que nous offre Souad Labbize, un petit livre 10×13 que l’on garde dans le creux de la main tant il faut avancer à pas comptés dans sa lecture. Pour les lecteurs bilingues, c’est aussi la chance de pouvoir le lire en arabe puisque les deux écritures cohabitent.

Rita Baddoura

Le mot courage accompagne la lecture de ce récit : celui incommensurable déployé à chaque mot par Souad Labbize pour avancer dans cette écriture. Courage, compassion, générosité. Car sa plume s’adresse à toute lectrice, à tout lecteur, témoins aveugles ou voyants, proies données ou potentielles, voire violeurs en série ou en herbe. L’enfant de neuf ans n’a jamais renoncé à trouver la lumière et l’émancipation. Cette mise au jour du secret, cette parole qui parvient jusqu’au présent et jusqu’à nous, sont d’une clarté violente et totale. Après l’épreuve du feu, ce rayonnement devient halo triomphant. Souad Labbize déplace en vérité des montagnes : celles intérieures et intimes, ainsi que celles psychiques, sociales et politiques. Elle renouvelle les règles du jeu, par l’intercession de l’écriture, autrice de son devenir.

Didier Epsztajn

«Un tissu opaque revêt et couvre de mensonges une (des) enfance(s). “Rien de grave n’est arrivé depuis que ma mère a hurlé.” Nous saisissons alors tous les sens possibles du beau titre de cet ouvrage.»