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    Sexe, race et pratique du pouvoir

    Colette Guillaumin

ISBN : 979-10-90062-31-3
Catégorie :

Sexe, race et pratique du pouvoir

De Colette Guillaumin

Lire le chapitre 1

Sexe, race et pratique du pouvoir. L’idée de nature réunit un ensemble d’articles publiés par Colette Guillaumin entre 1977 et 1993.

Pour présenter ce livre essentiel, d’abord publié chez côté-femmes en 1992 et depuis longtemps épuisé, Brigitte Lhomond écrivait en 1993 dans la revue Multitudes :

«Une idée centrale structure le travail de Colette Guillaumin et unifie les articles présentés dans cet ouvrage, celle du lien inextricable entre les “formes matérielles” et les “formes mentales” que prennent les relations de domination (ces “deux faces de la même médaille”), lien entre la matérialité des rapports de pouvoir et la pensée de ceux-ci. Cette pensée, cette idéologie, celle du “sens commun” tout autant que celle des discours théoriques et scientifiques, exprime et justifie tout à la fois ces rapports. […]

Le concept d’appropriation est un élément essentiel apporté par Guillaumin à la théorie des rapports entre les sexes, où le corps même des individues dominées (et pas seulement leur travail) est l’objet de la mainmise, comme ce fut le cas dans le servage de l’Ancien Régime, l’esclavage de plantation, et dans ce que Guillaumin nomme, pour les femmes, le “sexage”. Le sexage s’exprime dans l’“appropriation privée”, ou le “propriétaire” est un homme particulier (comme dans l’institution du mariage), et dans l’ »appropriation collective” quand l’usage du corps des femmes est disponible à l’ensemble du groupe des hommes. Usage qu’il serait faux de réduire à des dimensions exclusivement sexuelles. La prise en charge par les femmes – et elles seules ou presque – de l’entretien physique et moral, non seulement des hommes mais aussi des enfants, des malades, des vieillards, est un élément essentiel de l’usage qui est fait de leur corps.»

Mai 2016 – 240 p. – 15.5 x 20 cm

18,00

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À propos de l'autrice
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    Sociologue au CNRS, Colette Guillaumin a rejoint très tôt le comité de rédaction de la revue Questions féministes, fondée en 1977 et qui a développé en France le courant de pensée identifié sous le nom de féminisme matérialiste. Elle y publie en 1978 un article important, «Pratique du pouvoir et idée de nature», paru en deux parties dans les numéros 2 et 3 de la revue, dans lequel elle propose, la première, le concept de sexage en s'inspirant de ses travaux antérieurs sur le racisme. Son premier livre, L'idéologie raciste. Genèse et langage actuels, édité pour la première fois en 1972 a été repris par Gallimard en 2000.
    Les livres de Colette Guillaumin
    Revue de presse

    Estelle Miramond

    C. Guillaumin explore les faces matérielles et mentales de rapports qu’elle qualifie « d’appropriation », tout particulièrement celui de « sexage ». Poursuivant un travail de déconstruction sociologique et d’historisation, elle expose ses liens avec les systèmes de servage et d’esclavage.

    Sara Garbagnoli

    Ouvrage précurseur et prodigieux, rassemblant dix articles publiés ou écrits par Colette Guillaumin entre 1977 et 1992, Sexe, race et pratique du pouvoir. L’idée de nature demeure un texte indispensable pour la compréhension de la nature systémique du sexisme et du racisme.

    Benoît Auclerc

    En rééditant Sexe, race et pratique du pouvoir de Colette Guillaumin, les éditions iXe rendent à nouveau accessible un livre fondateur des études féministes, paru une première fois en 1992 mais depuis longtemps indisponible.

    Sylvia Duverger

    Paru en 1992, cette pièce maîtresse du féminisme matérialiste était devenue introuvable. La maison d’édition iXe, qui en 2013 avait réédité « L’anatomie politique », de la sociologue-anthropologue Nicole-Claude Mathieu, poursuit son œuvre de salut féministe, en nous permettant aujourd’hui de (re)lire Colette Guillaumin.

    Didier Epsztajn

    Une invitation à (ré)examiner les fondements matériels des rapports sociaux de sexe, l’invention de la nature et de groupes sociaux nommés (ou non) races, les rapports de domination et les pratiques de pouvoir, à (se) confronter aux analyses produites par les différentes générations de féministes.